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Témoins séculaires de la foi de nos ancêtres, chargés de signification, beaucoup ont hélas disparu. Sur les quatre qui subsistent de nos jours, un seul a conservé sa place d’origine.

Le grand calvaire du cimetière

calvaire cimetiere 01Le grand calvaire du cimetière est monumental. Mesurant près de huit mètres de haut il est l’un des plus beaux du canton. Des volutes sur le banc massif permettent de penser qu’il est contemporain et issu du même atelier que le clocher. Un soubassement à trois degrés porte un socle cubique dont les niches sont garnies des statues des quatre évangélistes en pierre de Kersanton : Saint Mathieu (symbolique de l’homme) à l’Est, Saint Marc (symbolique du lion) au Sud, Saint Luc (symbolique du taureau) est disposé à l’Ouest et en hauteur depuis l’application d’une plaque commémorant les victimes de la guerre 14-18, Saint Jean (symbolique de l’aigle) au Nord est jeune et imberbe. Couronnant ce socle, une pierre en forme de dôme sert d’embase à un fût cylindrique à écots (protubérances) ; ils figurent comme le veut la coutume les bubons infectieux de la peste. Ce fût supporte en croisillon un groupe de cinq statues dont le centre, à l’Ouest, est occupé par la Vierge à l’Enfant ; Les extrémités des bras portent deux groupes géminés, formé au Nord pour l’un, par un prêtre en chasuble et de Saint Jean, pour l’autre au Sud, d’une Sainte Femme et de Saint Pierre. Au sommet, un crucifix moderne à écots, disposé en 1919 sur un renflement en double cône, comporte des bras ornés de fleurons.

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Ci-dessus, la ligne élancée du grand calvaire du cimetière, et le détail du
croisillon qui porte 5 personnages.
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représentés à leur place respective dans les niches du socle cubique : - Vue de gauche, Saint Marc est disposé au Sud et Saint Mathieu à l’Est - Vue de droite, de nouveau Saint Mathieu et Saint Jean qui est situé au Nord. Saint Luc, occupait à l’origine une niche située à l’Ouest. Il est à présent installé sur le dôme et adossé au fût qui porte le croisillon et le crucifix.
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Ci-dessus : Les quatre évangélistes, vus de face, en travail d’écriture : - Saint Mathieu. Sa symbolique, l’homme, qui lui tient son ouvrage sur la tête. - Saint Marc. Sa symbolique, le Lion est au bas et à droite de l’écritoire. Sa face a été martelée. - Saint luc. Sa symbolique, le Taureau, est à la base et à gauche de l’écritoire. - Saint Jean. Le seul imberbe et sans couvre-chef. L’Aigle, sa symbolique, porte dans son bec une sorte de fiole. Serait-ce, puisque selon les écrits, Jean a subi une tentative d’empoisonnement ?

Le calvaire de « Toul an Dour »

Le calvaire de « Toul an Dour » est un calvaire du 16e siècle de fort belle allure avec ses quatre mètres de hauteur. Son soubassement carré à trois niveaux porte un socle à la base duquel sont disposés face à face les statues de Madeleine et du Christ aux mains liées. Le fût et le croisillon sont à pans ornés aux extrémités par des godrons ouvragés et d’une urne au sommet.

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Ce bel ensemble est érigé à cet emplacement depuis 1962. Déplacé de
sa position d’origine, il portait le nom de « Kroas ar Quinquis » au cadastre
de 1830.
 
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Les personnages, ci-dessus, sont en granit de Kersanton. Eplorée, Marie Madeleine lève
le visage vers le Crucifié. Signes du temps, elle a perdu ses mains, et le Christ en croix,
ses jambes. Le Christ est représenté lors de la Passion. Les mains liées avant le Couronnement
d’épines, on l’imagine faisant face à Pilate. Ci-contre en fond d’image la belle silhouette du clocher.

La croix de « Milin ar Pont »

La croix de « Milin ar Pont » date de 1600 environ. Elle a une hauteur de trois mètres, une base à corniche, un socle à griffes et une croix à pans. Sa restauration et sa nouvelle orientation en 1989 ont révélé sur la face Ouest et sur le croisillon le monogramme du Christ au chef, un calice au cœur et une inscription sur les deux bras qui serait le nom du prêtre qui la fit ériger.

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Comme le calvaire précédent, déplacée de sa première localisation, elle s’appelait « Kroas Tollan » au cadastre de 1830. Au faîte, le monogramme est inscrit dans un écusson.

La croix de Kerhouleau

La croix de Kerhouleau a été disposée à cet endroit lors du remembrement de la commune en 1971, elle date du 14ième siècle. Elle mesure 0,70m, possède une base carrée, un socle pyramidal et une croix à pans portant un Christ en relief.

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Taillé dans un granit plus grossier que le Kersanton, le Christ est sculpté dans la masse de la croix, comme celui de Toul an Dour. Les détails du corps sont surprenants, tels le visage sans peu de relief et les formes saillantes du torse.

 

Douze emplacements de moulins à eau ont été dénombrés sur la commune : huit sur la rivière Garo, frontière naturelle à l’Est de la commune ; quatre sur la rivière centrale et affluent du Garo, qui parfois nommée de Milin Vian s’étend de Keraody à Landrézéoc. Depuis longtemps sur le déclin, puisque l’on ne comptait que quatre en 1831, leur nombre n’a cessé de diminuer. Le dernier a arrêté son activité en 1975 à Pont Héré. Aucun indice de moulins à vent (milin avel) n’a été décelé sur la commune. A l’origine, la plupart dépendait de seigneuries. Chaque château, chaque manoir possédait son moulin. Jadis, les vassaux et tenanciers (fermiers et métayers) avaient obligation d’y apporter leurs grains sous peine de pénalités. Si les baux stipulaient une telle clause, elle était cependant mal acceptée comme l’attestent les cahiers de doléance. Du fait que le moulin manquait de rentabilité pour nourrir sa famille, généralement le meunier exploitait également une ferme. La disparition des moulins a marqué la fin d’une activité rurale et ancestrale, témoin d’une certaine poésie liée à la vie de nos vallées.

Sur le Garo

Dans le sens montant:

  1. Trémobian, appartenait au domaine du château du même nom. Son étang couvrait une superficie de plus de trois hactares. Il a cessé son activité au début du XX ième.
  2. Milin Ros Kerider, (Moulin du coteau de Kerider) était situé dans la vallée au Nord-Est de Kerider-Vian actuel. Propriété du château de Trémobian, il apparaît dans des documents de 1548 et 1733, ainsi que son étang « Coz Stang ar C’hastel » (le vieil étang du château). Des traces sont encore visibles.
  3. Milin Kergu (l’Ancien), se trouvait en aval de son prédécesseur, le Moulin Neuf.
  4. Milin-Neuf ou « Milin Kergu », était propriété du manoir de Kerguélen. Il aurait arrêté son activité au début du XX ième.
  5. Pont-Héré, ultime machinerie naguère encore opérationnelle, il disposait de son bief d’approvisionnement.
  6. Kerambléau. Ce lieu, en amont du précédent, devenu par la suite une pépinière réputée est aujourd’hui transformé en verger.
  7. Kerambléau ou Keramblavet, au passage de la rivière sous l’ancienne voie romaine, issue de Coatanéa à Bourg Blanc jusqu’à la mer à Porspoder et Trémazan.
  8. Miln Ven (Milin Gwen en 1414), le Moulin Blanc. Situé sur l’ancien chemin du Quinquis à Lanhaodec en Milizac, à la lisière des deux communes. Il dépendait sans doute du lieu noble du Quinquis.

Sur la rivière centrale de Milin Vian

Dans le sens montant:

  1. Milin ar Borignès, était établi à 100 mètres en amont de « Porz an Roudous », lieu voisin de Kernévez, près des anciens captages dits de Keronvel. Son étang, cité en 1780 sous le nom de « Etang des Loups » est désigné au cadastre sous l’appellation « Ar chosser goz » (la digue vieille) ou « Lez Nevez » (le nouvel étang). Ce moulin appartenait au domaine des Seigneurs de Kergadiou de Témobian.
  2. Milin Vian ou Petit Moulin. Connu sous plusieurs vocables aux siècles passés : Moulin du Val, Moulin de la commune, Moulin de Guipronvel ; sans doute dépendait-il du manoir dit « Manoir de Guipronvel » situé à la sortie du bourg sur la route de Pouguin.
  3. Milin ar Pont. Des documents du XVI ième et XVII ième le mentionnent, mais aucun n’atteste de son activité. Il dépendait d’un lieu noble de Tollan, peut-être « Tiez Bras ».
  4. Rosclen . Une parcelle de Kerhouleau s’appelait « Ros len » (coteau de l’étang), ce qui signifie la présence d’un moulin. Propriété du manoir de Kerhouleau.

Toutes ces informations proviennent du travail de recherche fait par Jean Lescop. Elles apparaissent dans le recueil « Recherches et Découvertes » mis en pages en 1991.

Au nombre de deux, ils sont dédiés à la Mère de Dieu.

Toul an Dour

L'un à « Toul an Dour », très ancien et semi enterré, est disposé au-dessus d’une fontaine. Incrusté dans un bel ensemble de murs en pierres, cet oratoire côtoie la rivière qui passe sous la route au Dorguen.

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Dans une grande niche en pierres maçonnées, il comporte des emplacements pour statuettes, crucifix et autres objets de dévotion Dans la cavité à deux niveaux, des corniches ouvragées sont établies. L’une supporte une niche à présent vide. L’autre est occupée par une statuette de la Vierge et des vases. L’ensemble est coiffé par un fronton de pierre arqué.

Poul Braz

L’autre à « Poul Braz », a été érigé en 1959 pour commémorer le centenaire des apparitions de Notre Dame de Lourdes. Il a des formes modernes et massives aux lignes dépouillées. Il dispose d’un socle à trois marches. Le soubassement supporte une table surmontée par un imposant fronton triangulaire à corbelets percé d’une niche.

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Disposés de part et d’autre de la niche qui contient des objets de dévotion, des cylindres en pierre évoquent des bougies

Château et Manoir

Demeure féodale fortifiée au Moyen Âge, entourée de fossés et de remparts, appelée également château fort, le château est devenu Palais, habitation d’un roi ou d’un seigneur entouré de jardins ou d’un parc. A partir du XIXième il représente une grande et belle demeure à la campagne, ou vastes domaines telles ces riches propriétés viticoles réputées pour leurs grands crus. Un manoir est la résidence ou la demeure d’un noble. Le bâtiment est parfois désigné par « gentilhommière », l’habitation d’un gentil, c'est-à-dire d’un noble de naissance. Avec son allure de petit château implanté sur un fief ou un domaine, dans un village ou un hameau, c’est souvent la bâtisse la plus vaste et la plus belle du lieu. On peut distinguer un manoir d’un château par le fait que l’exploitation agricole était essentielle pour le manoir et gérée directement par son seigneur qui n’avait pas le privilège d’exercer des fonctions plus honorifiques, militaires ou administratives. Par extension, le terme « manoir » a pu désigner toute demeure de maître ou d’agrément, de quelque importance, entourée de terres cultivées, remarquable parmi toutes les autres habitations de l’endroit.

A Guipronvel, les recherches effectuées par Jean Lescop, historien de la commune, ont permis d’attester que dans un passé parfois très ancien, sept châteaux et manoir ont occupé le territoire de Guipronvel. Si les noms des lieux qui ont vu ces domaines sont toujours usités, seul le manoir de Trémobian rebâti au XIXième et plus récemment rénové, est encore présent.

Château de Trémobian

Son histoire est liée à celle de la famille de Kergadiou, issue du château de Kergadiou en Plourin, qui y résida de l’an 1400 environ à la Révolution de 1789. Guy de Kergadiou, Seigneur du dit lieu et de Trégarn, né à Plourin, fut le fondateur de la branche de Trémobian avant 1400. Celle-ci s’est fondue dans celle de du Bois de Maison Fort en 1752. Les documents de la période 1400 à 1600 parlent de « Monsieur détromabihan de Kgadiou* à la terre détromabihan », qui signe « Atromabihan », sans préciser le prénom (Atramabihan pourrait être « Aotrou », Monsieur mabihan). * Jusqu’à la fin du XIXe, on écrivait encore K pour Ker.

Les armoiries des de Kergadiou : fascé ondé d’argent et d’azur, au franc-canton d’hermines (sceau de 1404). Devise : «De bien en mieux ». Les armes des de Kergadiou ont inspiré le blason de Guipronvel.

Le manoir actuel date de 1860. L’ancien se situait plus près de la ferme et du moulin. Un titre de propriété de 1861 et un autre de 1919 désignent ainsi les immeubles : - Le manoir de Trémobian, en la commune de Guipronvel et par extension en celles de Coat-Méal et de Plouguin, comprenait la maison d’habitation, la maison de garde avec les dépendances, les bois, terres et futaies. Suivaient les contenances. - La ferme, dite « Ar Vilin » (le moulin), une maison d’habitation avec dépendances, terres, bois et l’étang. Suivaient les superficies.

Près du château, il y avait un vivier dit de « Len ar Peskets » (l’étang des poissons). Le pigeonnier se situait à 250 mètres au Sud-Ouest dans un champ cadastré en 1830 sous l’appellation « Park ar C’houldry » (le champ du pigeonnier). A noter que les colombiers étaient mal supportés par les agriculteurs ; ils réclamèrent leur suppression dans les cahiers de doléance en 1789 : « Que l’on détruise les colombiers, d’où résulte pour la moisson le préjudice le plus évident ».

Castel ar Menez Bras ou Ar C’hastel Bras

En ce qui concerne « Ménez Bras »... D’après le Rentier de 1544 (inventaire ordonné par François 1er en 1538), repris dans un livre de 1984 « Les biens de la couronne dans la sénéchaussée de Brest et de Saint Renan », il est mentionné : « Cette montaigne, appelée Guypronvel, en la paroisse de Milizac, appartenait au Noble et Puissant Claude Seigneur du Chastel, vicomte de Pommerit. Cette montaigne, qui contenait environ 200 journaux* de terre, s’étendait depuis le devant des villaiges de Guypronvel et Taulen jusqu’au manoir de Taoulhabihan ». Aux cadastres de 1830, au remembrement, c’est toute la colline entre Kerline, Milin Vian, Lannuel et Keraoutrou. * Un journal équivaut à ½ hectare.

Maints textes et documents font mention de « Menez ar c’hastel bras », de « Castel ar ménez bras », « Ar c’hoz castel », « ar c’hoz castellou ». Cependant, entre 1400 et 1789, aucun ne donne des précisions sur ses propriétaires, sur ses occupants ou sur l’étendue du domaine. Tout porte à croire que le château était déjà en ruines en cette période, hypothèse que semble confirmer l’adjectif « c’hoz » (vieux) placé devant le nom « castel » (château). En outre, en langue bretonne, l’adjectif placé devant le nom révèle quelque chose de très ancien. Quant à la localisation précise du château, elle est donnée par les cadastres antérieurs au remembrement. En effet, les appellations de parcelles proches au point d’intersection de la route de Lannuel avec le CD3, mentionnent leur relation avec un château. Des témoignages dignes de foi attestent d’autre part que lors du remembrement de grosses quantités de pierres furent déblayées de cet endroit. Le « Castel ar menez bras » (le château de la grande colline) était bien situé au point culminant de cette colline et jouissait d’un panorama dominant toute la région (altitude 76m).

Manoir de Guipronvel ou « Maner ar C’hastel »

« Le Manoir du Château » situé à la sortie du bourg de Guipronvel sur la route de Plouguin, appartenait selon toute vraisemblance à une branche cadette de Trémobian. Des documents de référence s’étalant de 1463 à 1780, attestent que des de Kergadiou, des seigneurs de Trémobian et de Maisonfort en ont été propriétaires.

Pour l’anecdote...Les textes relatifs à ce manoir du bourg signalent que Coat-Douen à l’orée du bois de l’ermitage de Saint Ronvel (saint patron secondaire de la paroisse), était désigné par « Menez Bihan sant Eloc » (la petite colline de Saint Eloc), tandis que la route du bourg à Landrézéoc portait curieusement l’appellation de « Strahet ar an aïnès » (chemin des canailles, des fripons, des voyous). Ainsi, en bordure de la route, le bois toujours présent de « Coat-fall » (le bois dangereux, mauvais) signifie que l’on pouvait rencontrer les indésirables : canailles, brigands, voleurs, et autres individus peu recommandables.

Manoir de Kerguélen, ou Kergu

Mentionné à plusieurs reprises dans les archives de Milizac, ce manoir n’a pas livré grand-chose de son passé. Son nom peut avoir deux origines : la plus vraisemblable proviendrait du lieu lui-même, Kerguélen pouvant signifier l’endroit où abonde le houx (« her », village ; « guellen, hellen ou elen », houx) ; la seconde viendrait du nom de son premier propriétaire, Kerguélen, famille noble au nom jadis répandu en Bretagne.

En 1414, « Kerguhellen » figure dans les archives de Bernard de Guipronvel. Les différents cadastres confortent l’existence d’un manoir comme l’attestent les noms de certaines parcelles.

Aujourd’hui, ce lieu est occupé par une importante pépinière.

Manoir de Kerébell ou Kerébel

Selon l’ordonnance de Monseigneur le Duc de Chaulnes, gouverneur de Bretagne, du 22 Juillet 1674, il est stipulé : « le manoir, loué 240 livres à Yann Labbé, est fief du Chastel et appartient à demoiselle Anne de Rosier, demeurant au Manoir du bourg de Guipronvel, paroisse de Milizac . Cette demoiselle est veuve d’Ecuyer Yann de Kergadiou, sieur de Saint-Rovel ». A l’époque, les veuves reprenaient la qualité de demoiselle.

Manoir de Kerhoulleau , Kerhoulo ou Kerhouleau, jadis Kergolleau

Un écrit du 27 Août 1637 souligne que la seigneurie de Kgolleau appartenait à Messire Jean Baron de Nevet. Le vieux manoir, démoli en 1973, avait fière allure avec ses six portes cintrées, ses fenêtres à meneaux, ses meurtrières de défense dans l’escalier à vis, ses grandes cheminées en pierres de taille, sa tourelle extérieure de guet. Un légende prétendait qu’un souterrain le reliait à Keroulac’h, ancienne demeure seigneuriale sur Tréouergat. Un document de 1415 l’atteste.

Quinquis, Kerioualarze , Keroualar

De la même ordonnance de Monseigneur le Duc de Chaulnes, il est mentionné : « ce domaine qui est tenu en ferme par Yvon Guillart pour 9 livres 12 sols, appartient au sieur de Kerroc’hic demeurant au manoir du même nom en Plouyen (ancienne orthographe de Plouvien), évêché de Léon ».

Elle est située dans le cimetière, dont l’enclos forme avec l’édifice agrémenté de son superbe clocher, de son ossuaire, de son portail et de son échalier, et surtout de son calvaire monumental, un bel ensemble architectural. Elle a été rénovée en 1992.

Elle possède de solides murs bâtis en pierres de taille pour l’extérieur, avec doublage intérieur en moellons, des fenêtres avec linteaux incurvés, ainsi que deux oculus. Cette particularité des fenêtres et disposition d’oeils de bœuf, formes d’ouvertures caractéristiques de l’époque, permet pour d’aucuns d’envisager que l’édification de l’église actuelle daterait pour partie du 18ième siècle.

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Par sa forme générale, rectangulaire au sol avec une avancée vers l’Est pour le chœur et la sacristie, l’église de Guipronvel est comparable à celle de Coat-Méal sa voisine. Celle-ci dispose d’une organisation semblable du clocher et d’un porche très remarquable également établi à l’Ouest

L’ossuaire à balustres

L’ossuaire à balustres (ci-dessous à gauche) doté d’un bénitier, est accolé au porche établi au Sud. Sur les façades de l’église, les ouvertures à linteaux courbés portent des vitraux à motifs stylisés. Des godrons ornent les angles de la construction. Le plan de l’église, sobre et rectangulaire, en conséquence sans transept, rappelle certaines chapelles. Sur la rectiligne façade Nord : quatre baies, une porte plein cintre à claveaux et un oculus disposé près des fonds baptismaux.

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Dans le porche : une lourde porte massive de forme ogivale
est l’accès le plus fréquemment utilisé par les fidèles hormis
certaines cérémonies...
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Un Christ démembré,
en granit de Kersanton...
 
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Sur la porte, dans un cartouche,
le monogramme simplifié du Christ,
et la date 1682.
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Les dates gravées sur certaines pierres de la sacristie indiquent deux époques de construction. Elles témoignent pour l’une de 1652 (époque Louis XIV), visible sur le linteau de la porte avec le monogramme du Christ (Jésus Sauveur des Hommes) ; pour une autre de 1779 (époque Louis XVI), également sur le linteau de la fenêtre située à l’Est. D’autres pierres portent des inscriptions.
 

Le chœur

Le chœur comporte deux vitraux modernes dont l’un représente Saint Ronvel, l’autre Notre Dame de Bonne Nouvelle. Un grand retable fin 19e monte jusqu’à la voûte de la nef ; il dispose à sa base, de part et d’autre du chœur, de deux portes donnant accès à la sacristie. Une seule est maintenant utilisée.

Les boiseries se prolongent de chaque côté en y recevant des stalles et couvrent également les murs des autels latéraux. Ces derniers sont dédiés : côté Evangile au Nord à la Sainte Vierge -Notre Dame de Bonne Nouvelle- et côté épître, au Sud, à Saint Joseph.

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Le chœur
 
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Saint Ronvel est en prière dans un décor
champêtre. il porte une pelle de jardinier.
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Notre Dame est accompagnée de
l'Archange Gabriel.

Depuis le concile de Vatican 2, l'office est célébrée face aux fidèles. Le Maître Autel se présente comme une simple table dépouillée de tout artifice. Ci-dessous le retable qui se prolonge jusqu'aux autels latéraux.

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Détails des boiseries du retable, Le tabernacle de l’ancien Maître-autel. L’officiant tournait alors le dos aux fidèles.

La nef

La nef a des arcades élégantes en plein cintre, retombant sur des colonnes couronnées par des chapiteaux octogonaux. Elle ne comporte pas de poutres traversières comme de nombreux édifices religieux. Cette disposition a provoqué un minime élargissement en partie supérieure, sans doute un affaissement du toit, d’où une perte d’aplomb des colonnes- piliers et des murs extérieurs établis sans contreforts. Le mur situé au Nord présente de ce fait un défaut d’alignement. Le sol de l’église est formé par des dalles inégales et de nombreuses pierres tombales, y compris dans les fonds baptismaux.

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Dans la partie centrale de la nef, les piliers sont ornés de belles bannières. Elles étaient naguère utilisées lors des pardons et processions, actes de dévotion qui marquaient la vie religieuse.
Le bas-côté Nord contient un joli bénitier et deux enfeus à arcade. L’un avec colonnes latérales armoriées à l’origine, couvre la sépulture des Sieurs de Kergadiou.

Un sujet de réflexion...Y a- t’il eu un premier toit sur l’église, autre que l’actuel ? Curieusement on remarque à partir de la tribune du sonneur et également de la nef, que des pierres du clocher ont été disposées en chevronnière, avec godron visible au sommet. La toiture actuelle repose au-dessus de cet appareillage de pierres qui constitue peut-être un vestige de l’ancienne église. De même, peut-on envisager que les arcades des piliers ont été à une autre époque établis en second lieu, et qu’en conséquence la toiture ancienne reposait à un niveau inférieur à celui d’aujourd’hui...

Dans le bas-côté Sud de l’église, un troisième enfeu porte au faîte du cintre une sculpture à deux écussons ; sur l’un, les armes probables des de Kergadiou sont visibles. Sur une pierre tombale accolée au mur, apparaît nettement un bel écusson (martelé) en relief ; dans le dallage un autre écu porte un calice (le Graal ?), de même sur le mur, une pierre porte très nettement les clés croisées des armes papales.

Ci-dessous, quelques éléments remarquables du bas côté Sud de l’église. Leur taille n’excède pas 40cm.

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Un fleuron au faîte du cintre de
l’enfeu. Il porte un écusson de
part et d’autre de la hampe.
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Ce beau blason en relief sur
une pierre tombale était
armorié à l’origine.
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Un autre écusson de forme différente
du précédent. Il porte un calice, gravé
dans une empreinte du dallage.
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Dans le mur et en relief, des clés
croisées symbole attribué à
l’Apôtre Pierre

Les statues des apôtres

Les statues des apôtres disposées face au chœur au fond de l’église, sont de véritables chefs d’oeuvre en bois polychrome habilement restaurés. Les personnages sont barbus (sauf Jean) et portent leurs attributs habituels. Difficilement identifiables, sauf pour certains, ils sont pourtant répertoriés sur la plaque de présentation à l’entrée Ouest de l’enclos. Lors de leur séjour dans le porche, l’un d’entre eux, (Judas ?) a disparu. De production locale, la date d’élaboration de ces onze statuettes est difficile à préciser. Certaines sont mutilées et l’une d’entre elles a disparu lorsqu’elles étaient disposées sous le porche.

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Longtemps installés dans le porche, les statues avaient subi l’outrage du temps. Après une sérieuse restauration, où ils sont ici représentés, ils ont retrouvé des couleurs vives et rutilantes.
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On attribue à Pierre, la clef ; à André, la croix en X ; à Jacques le Majeur, le bourdon et le chapeau de pèlerin ; à Jean le calice ; à Thomas, la lance ; à jacques le Mineur le bâton de foulon ; à Philippe, une grande croix de supplice ; à Barthélémy le couteau ; à Mathieu, la hache ; à Simon, la croix processionnelle ; à Jude (dit Thadée), la massue, à Mathias, la hallebarde. Aux douze apôtres se joignent : Paul l’apôtre des gentils, l’épée ; à Judas (Iscariote) souvent représenté de profil, la scie. Séparés en deux groupes, ils occupent l’espace de part et d’autre de l’entrée principale de l’église.

Le clocher

Le clocher, de style renaissance est nettement accusé dans les détails. De type clocher-mur encastré, il est percé à la base d’une porte gothique. A sa partie haute, des ouvertures sont ornées de claveaux rustiques comme sur la porte Nord. Il montre une jolie silhouette grâce à son ensemble harmonieux aux formes très recherchées et très ouvragées : ses grands panneaux de pierres à plates-bandes ; sa galerie située à 14 mètres du sol sur une corniche à corbelets ; ses deux chambres à cloches largement ouvertes ; son étage supérieur accosté d’urnes et de volutes ; sa petite flèche a baies rondes flanquée de crossettes moulurées. L’accès au clocher se fait par une porte surélevée située au fond de l’église, qui permet d’emprunter un escalier à vis à deux volées de marches décalées et à sens inversés. La première mène aux combles et à une tribune en bois surplombant la nef ; elle était probablement accessible jadis aux fidèles, et bien sûr au sonneur de cloches. Un balustre en bois subsiste encore en partie dans cette tribune, maintenant occultée par une cloison. Au-dessus de la porte Ouest, on observe une niche carrée et peu profonde. Elle contenait le blason de la famille de Kergadiou de Trémobian fondateur de l’église, descellé à la révolution. Quelques petites ouvertures vitrées éclairent les deux parties de l’escalier d’accès au clocher.

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De face ou de profil, le clocher décline la finesse de sa conception. Les quatre parties : l’assise à panneaux qui abrite l’escalier à vis, la galerie, la chambre des cloches et la flèche se détachent nettement. Au crépuscule et à contre jour on remarque la finesse de l’ouvrage. La porte Ouest de style gothique est surmontée par une baie ogivale à vitraux, et d’une niche qui portait les armes du Seigneur de Trémobian.

La sacristie

La sacristie a été certainement remaniée au cours des siècles, ce qui justifie peut-être l’incrustation des deux dates 1652 et 1779 préalablement citées, vérifiables ainsi que d’autres inscriptions dans le granite de la construction. De même, on constate que les murs ont été rehaussés ; les pierres de taille utilisées à cet effet sont juxtaposées à celle du pignon de la nef par un joint vertical et non appareillées en quinconce.

Ne possédant pas d’accès avec l’extérieur à l’origine, une porte a été agencée à l’emplacement d’une des fenêtres à barreaux éclairant la sacristie.

En y pénétrant par le choeur, la faible hauteur de la seule porte qui permet à présent le passage est notoire. Par ce fait, et les quelques marches extérieures, il est logique de penser que le sol du local était jadis au-dessous de son niveau actuel et que quelques marches permettaient d’y accéder. L’autre porte d’accès est murée.

Quand on accède au grenier, on remarque que la toiture, on l’a vu, était disposée plus bas à l’origine. Un oculus, placé au-dessus de l’ancien faîtage, éclairait la nef de l’église ; il est maintenant masqué par le retable. De même, cette ouverture au pignon Est du chœur est invisible de l’extérieur parce que situé sous la toiture de la sacristie.

L’enclos paroissial

L’enclos paroissial est situé à l’angle formé par les rues du Bourg et de celle qui mène au Dorgen. Il est constitué par de solides murs en pierre de taille avec couronnement arrondi. Il possède deux accès par escaliers en pierres et un troisième par un portail juxtaposé à un échalier au Nord.

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L’échalier est une pierre disposée verticalement entre deux piliers, nommée « La pierre du diable » dans le langage populaire. Elle séparait le domaine sacré de celui du profane. Cet agencement permettait, portail fermé, de franchir l’enceinte tout en préservant toute entrée du bétail en divagation.